samedi 4 avril 2015

VISITE AU COEUR DE LA BOUTIQUE HISTORIQUE DE LA MAISON CARTIER



C'est à deux pas de la Place Vendôme, au numéro 13 de la rue de la Paix, que s'est implantée la maison Cartier en 1899. La boutique, encore présente aujourd'hui mais ayant subi quelques travaux de rénovation et d'agrandissement, est considérée comme le point de vente historique, où se mêlent rêve et histoire. Cet espace unique accueille chaque année plusieurs millions de clients venus du monde entier. Entre mythes et légendes, je vous fais découvrir les secrets de ce lieu d'exception.

 

C'est en novembre 1899 que Alfred Cartier, le père de Louis Cartier [N.B. c'est Louis Cartier qui a rendu la griffe célèbre], s'installe ici. Et ce n'est pas par hasard puisqu'à l'époque, la rue de la Paix est considérée comme l'une des avenues les plus luxueuses du monde, loin devant nos actuels Champs-Élysées, avec une notoriété d'élégance et de raffinement par delà les frontières. Elle doit sa renommée à la place centrale qu'elle occupe dans la capitale mais également au Ritz, qui ouvre ses portes une année auparavant en 1898. Avec la présence sur la même rue de Guerlain et Mellerio, plus ancienne maison de joaillerie française encore indépendante, Cartier ne pouvait rêver mieux. Mais c'est surtout la présence, en face, de la boutique de Charles Frédérick Worth, père fondateur du concept de maison spéciale de nouveautés confectionnées devenu la haute-couture, qui va entrer dans l'histoire de la maison de joaillerie. En effet, seulement quelques années après l'ouverture, on assistera à un mariage entre les familles Cartier et Worth. Évènement qui entrainera la formation d'une première union entre le monde de la mode et celui de la joaillerie. 

Une boutique historique

A l'origine, la boutique était constituée d'une suite de salles, encore présentes aujourd'hui à l'avant. Mais, victime de son succès, elle s'est agrandie au fur et à mesure afin d'accueillir ses clients dans les meilleurs conditions. Lorsque l'on pénètre dans le point de vente, on atterri directement dans la Salle des Reines. En guise de hall d'entrée, elle est décorée de deux petits fauteuils où peuvent patienter les clients tout en admirant les portraits de trois des reines clientes telles que la Reine des Belges, Elisabeth, Marie de Roumanie ou encore Marie Bonaparte. Cette pièce doit son nom à la qualité de Cartier en tant que créateur de bijoux pour les familles royales. La maison, qui a obtenu 16 brevets de familles royales que l'on peut d'ailleurs retrouver encadrés un peu partout, était considérée comme joaillière des Rois. Ici se joue une histoire de reconnaissance mais également d'économie puisque lorsque qu'une personne issue de famille royale passait une commande chez le joailler, ce n'était pas seulement pour elle mais bel et bien pour toute la famille. Les commandes royales représentaient donc une grosse partie du chiffre de la griffe.



Immédiatement sur la droite de la précédente salle, on retrouve le Salon des Fiançailles. Avec une quantité surprenante de bijoux, de diamants et de perles dans un même espace, cette pièce digne de faire rêver tous les amoureux de la joaillerie, est LE lieu d'exception de la maison. A noter qu'à l'époque de l'ouverture de la boutique, les ventes de perles étaient majoritaires et représentaient jusqu'à 60% du chiffre d'affaires, pourcentage qui a nettement baissé par la suite, notamment avec le phénomène de mode du diamant.



Dans chacune des pièces de la boutique, on retrouve au mur un motif floral en bas relief que Louis Cartier avait lui même nommé « guirlande », de part sa forme. Son motif très Louis XVI rappelle l'admiration qu'avait le joailler pour le roi. Au sein de la maison, on parle maintenant du « style guirlande ». 


Toujours sur l’avant de la boutique, on retrouve le Salon Jean Cocteau. Ce romancier du 19ème siècle aura un rôle très important dans l’histoire de la maison de luxe. Lorsque Jean Cocteau est élu à l’Académie, il dessine lui-même son épée mais demande à Cartier de lui créer. On assiste donc à une véritable union entre l’art et la joaillerie avec une pièce riche en significations. Cocteau est également au cœur de l’histoire de la bague Trinity. Etant l’un des premiers à la porter en public, il réalise, sans le vouloir, une véritable promotion pour le bijou. Et même encore aujourd’hui, certains clients demandent à voir la « bague dessinée par Jean Cocteau » alors que ce dernier n’a fait que la porter.

Jean Cocteau portant fièrement les bagues Trinity de Cartier

Le Salon Louis Cartier est l’un des plus importants, celui dans lequel on reçoit aujourd’hui les clients les plus prestigieux. On est certain que c’était dans cette pièce que Louis Cartier passait ses journées à l’ouverture de la boutique. Cet espace très important se caractérise par sa beauté avec une cheminée et deux bibliothèques d’origine mais également pour son ambiance confinée qui fait de cette salle un lieu où l’on se sent bien. L’intimité de cette pièce permet la présentation des pièces de haute-joaillerie pour les plus grands clients. Posée sur la cheminés et surplombée par le portrait de Louis Cartier, la pendule à gravité est un objet culte de la pièce. Datant de 1910, elle fonctionne toujours grâce à un système de remontage manuel : le cylindre central en pente descend peu à peu au fil des heures et des jours jusqu’à la fin de la semaine, où la pendule est alors remontée.

Mais la pièce centrale de la boutique reste l'Atrium, une extension qui n'apparaît que quelques années après l'ouverture. Avec un toit en verre, un escalier central et de multiples comptoirs, on y retrouve l’ensemble des collections de joaillerie et d’horlogerie de la maison. Au centre, un imposant escalier a été installé lors de la dernière restauration de la boutique, en 2007. Il donne à ce lieu d’exception un effet de masse et de puissance mais permet surtout aux clients de se rendre à l’étage où se trouvent le service après-vente et le très prestigieux salon Jeanne Toussaint.

Dorures, toujours dans le style guirlande, qui ornent l'escalier central

Credits Photo : Mélanie PEAN

Jeanne Toussaint, la panthère c'est elle

Le Salon Jeanne Toussaintporte le nom d’un personnage emblématique de la maison puisque c’est cette femme qui développe la haute-joaillerie dès 1933 et fait de la panthère l’un des icônes indémodable et indomptable de Cartier. Femme à l’élégance féline avec un très fort caractère, on l’appelait elle aussi la « panthère ». A la fois gracieuse et puissante, la panthère de Cartier apparaît pour la première fois en 1914 de façon très discrète sur une montre bracelet pavée de diamants et tachetée de pierres noires, motifs qui rappelaient le pelage de l’animal.


Jeanne Toussaint
La Panthère Cartier est née mais il faut attendre 1924 pour la retrouver dans son ensemble sur un vanity case. C’est seulement en 1949 que le fauve apparaît sur des pièces de joaillerie avec notamment la création de la première broche en trois dimensions commandée par la duchesse de Windsor. On y retrouve le fauve bondissant en platine pavé diamants sur un cabochon de saphir de plus de 152 carats [Louis Cartier étant considéré comme le précurseur du platine, nombreuses sont les créations de la maison à être fabriquées avec ce métal précieux et prestigieux].bombe atomique dans la joaillerie ». 

Cartier est la première marque de joaillerie à affirmer la place de la femme dans la société à travers la panthère qui devient l’objet de tous les désirs. 

La duchesse et le duc de Windsor 

Broche-pince Panthère - Pour la duchesse de Windsor, 1949

Les évènements Cartier : entre excellence et tradition  

Aujourd’hui, Cartier organise des évènements pour ses clients les plus fidèles. C’est notamment à l’occasion de la soirée d’inauguration de la biennale de Paris que la boutique historique de la rue de la Paix s’offre une transformation pour faire de ce lieu un espace chaleureux, de partage et d’échange. Mais elle se transforme surtout en un lieu d’exception puisque toutes les pièces de joaillerie [hormis les collections emblématiques de la maison, Love et Trinity] sont remplacées par des pièces de haute joaillerie. Cet espace, sublimé par les pièces prestigieuses exposées et l’ambiance chaleureuse qui y règne, accueille tous les deux ans les clients Cartier du monde entier. Mais la maison organise aussi d’autres événements plus privés tels que les cocktails annuels de Noël ou encore les anniversaires de certains clients importants.

Dans les étages du 13 rue de la Paix, avec les archives, on trouve également les ateliers où sont fabriquées chacune des pièces de haute-joaillerie présentes dans la boutique. Ces lieux, où des dizaines de petites mains font de leur passion un métier, sont considérés comme secrets mais ancre la maison dans l’artisanat et la tradition.


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